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coco chanelQu’elles soient symbole de divinité, de pureté, de royauté, de charme ou de luxe, les perles n’ont jamais cessé de fasciner.

La reine Élisabeth porte des perles sur un grand nombre des  tableaux la représentant. La légende veut que Cléopâtre fut en possession de deux des plus grosses perles au monde, et qu’elle aimât boire du vinaigre dans lequel elle avait fait dissoudre des perles.

Mais pour moi personne n’incarne la perle mieux que Gabrielle Chanel.

Une perle se forme lorsque un agent irritant (grain de sable, morceau de bois) vient s’incruster dans la chair d’une huître ou d’un mollusque. La réaction du mollusque est alors de sécréter de la nacre pour entourer  l’agent et ainsi se protéger, se qui résulte dans la formation d’une perle.

Jusque dans les années 20 on ne trouvait sur le marché que des perles fines, c’est à dire des perles qui se sont formées naturellement, sans intervention de l’homme.

Les véritables perles fines sont devenues très, très rares, elles ont été remplacées par les perles de culture.

On trouve des perles de toutes formes, couleurs, et tailles, ces différences se faisant en fonction de plusieurs éléments : l’endroit où vit le mollusque, la région géographique, la vie en eau douce ou en eau de mer.

Les premiers essais de culture des perles sont anciens : Ce sont les chinois qui découvrirent les premiers au XIII ème siècle que l’on pouvait cultiver des perles dans des moules d’eau douce. Ils utilisèrent de la boue, du bois, de l’os ou du métal comme agents irritants.
Au XIX ème le Suédois Carl von Linné et un Français font des essais, mais ce sont les Japonais To Kichi Nishikawa, Tatsuhei Mise et surtout Kokichi Mikimoto (1858-1954) qui réussissent à mettre la technique au point, et en font une industrie.

Kokichi Mikimoto

Kokichi Mikimoto

La technique consiste à introduire un greffon artificiellement dans le mollusque.

Beaucoup d’huîtres meurent après la greffe : environ dix pour cent immédiatement, et dix pour cent dans les deux ans. Un cinquième des huîtres greffées produisent une perle inutilisable. Sur les trente pour cent de greffons donnant une perle utilisable, seul un pour cent font des perles parfaites.

Différentes variétés de perle  sont obtenues grâce à la  la technique mise au point par  Monsieur Mikimoto :

  • Les perles d’Akoya sont obtenues depuis plus d’un siècle par introduction d’un greffon dans des huîtres de mer, et font entre 2 et 9 mm de diamètre. Elles sont naturellement jaunes, vertes et crèmes, mais sont retraitées pour devenir champagne, blanches ou argentées.
  • Les perles de Pinctada maxima sont parmi les plus solides et les plus grosses (le record est détenu par une perle de près de 3 centimètres de diamètre) , et ont une grande variété de teintes (plus foncées en Australie et dans le Pacifique).
  • Les perles de Tahiti produites par la variété Pinctada  margaritifera de Polynésie a fait l’objet d’essais depuis les années 1920, mais c’est à partir de 1965, et grâce à l’aide de spécialistes japonais, qu’elle s’est vraiment développée. La perliculture constitue aujourd’hui une activité importante en Polynésie française, pratiquée dans les fermes perlières.
perles tahiti

perles de Tahiti

Les huîtres de Polynésie, variété Pinctada margaritifera, forment des perles dites « perles noires de Tahiti », qui est une AOC, dont les tons nacrés varient du vert à des coloris plus sombres ou plus clairs, en passant par des teintes tirant vers le violet. Le Japon en est le principal marché de consommateurs.

Lors de la greffe, la poche reproductrice de l’huître est incisée pour y déposer un petit morceau du manteau d’une autre huître. Historiquement, des greffeurs Japonais étaient engagés lors des courtes périodes de greffe. Protégeant le secret de leurs techniques, ils entouraient leur travail de précautions, mais ces techniques furent néanmoins apprises par des Polynésiens. Il existe maintenant de nombreux greffeurs autochtones, et une école de greffe forme aujourd’hui de jeunes Polynésiens. Des greffeurs originaires de Chine, moins chers que leur confrères japonais, sont également régulièrement engagés.

Angélique Binder pour Serengeti Gems

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Secrets de perles de culture
Video très intéressante bien que datant un peu (Thalassa 2007).